LES ANGLES
« A la rencontre de nos racines »
Etude: Agnès DEBONO
Photos actuelles: Gérard ROUVIERE
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SITUATION GÉOGRAPHIQUE DU CAPCIR


Comme vous pouvez vous en rendre compte sur la carte, Les Angles est l’un des dix villages composant le Capcir.
Ce haut plateau, voisin de la Cerdagne comprend aussi Formiguères, Espousouille, Fontrabiouse, Rieutort, Puyvalador, Odeillo, Réal, Villeneuve et Matemale.

Le terme de Capcir pourrait venir du pré-latin “ker” signifiant montagne ou rocher.
Mais Etienne Badie nous donne une explication peut-être plus logique. En effet d’après lui, ce mot trouverait son origine dans le terme de “caput circii” signifiant tête de cers. Le cers étant le vent du nord, la tramontane. Le Capcir serait donc le pays qui fait face au vent du nord.

Ce nom aurait pu lui être donné par les habitants du Conflent ou de la Cerdagne, voisins des Capcinois, qui n’ont jamais cessé de considérer le Capcir comme le pays froid par excellence. On surnomme d’ailleurs ce coin des Pyrénées Orientales “la petite Sibérie d’Europe”!


RAPIDE HISTORIQUE DU CAPCIR
On peut penser que les premiers hommes sont venus dans cette région montagneuse à la recherche du gibier (cerf ou sanglier), plusieurs milliers d’années avant notre ère.

Du temps des Romains (II siècle av. J.C - V siècle ap. J.C), le Capcir appartenait au pagus reddensis (Razès), l’un des six pagis formant la cité du Roussillon, dont Ruscino (près de Perpignan) était le chef-lieu.
Il touchait au sud au pagus confluentis (Conflent) et au pagus livensis (Llivia).

En 462, cette région tomba aux mains d’une peuplade venue du Nord, les Wisigoths, et fit ainsi partie de la Septimanie.

L’Église chrétienne finit par s’imposer. Les ermitages devinrent des prieurés plus importants. Le Capcir se retrouva sous la tutelle de l’évêché de Carcassonne vers 675.

Les Arabes atteignirent les Pyrénées aux alentours de l’an 718.
Bien que quelques appellations toponymiques y fassent allusion, comme celle du “Roc des Maures” (près du lac de Balcère), il ne semble pas qu’ils aient réellement occupé le Capcir.
Au VIII siècle, Pépin le Bref, continuant l’oeuvre de Charles Martel, chassa les Musulmans du sud de la France et s’empara de la Narbonnaise.

Le Capcir, quant à lui, était dans une situation politique confuse: partie de la Cerdagne, il était dépendant du Razès dont le comte était en même temps celui du Conflent.
De plus, si le Capcir était rattaché au comté de Cerdagne, il dépendait toujours pour le spirituel du diocèse de Narbonne (en 1106 l’archevêque de Narbonne consacra l’église des Angles).

C’est au IX siècle, où la situation de l’Église devint devint prédominante, que le Capcir vit s’ériger la quasi-totalité de ses églises : après celle de Formiguères en 873, ce fut la construction de l’église des Angles, mais aussi de celles de Rieutort, Fontrabiouse, et Réal, toutes possessions de l’abbaye de Jocou (près de Saint Paul de Fenouillet).

En 965, Seniofred, le comte de Cerdagne, donna à l’abbaye de Saint Michel de Cuixa (près de Prades) son alleu des Angles avec son marché de Matemale et la ville de Creu.

En 1117, le comté de Cerdagne tomba sous la domination des comtes de Barcelone qui avaient déjà autorité sur l’ensemble de la Catalogne.
C’est ainsi que le Capcir devint, un peu plus tard, possession des rois d’Aragon.
Le roi Alfons entreprit de fortifier la frontière au nord en construisant quelques châteaux aux points de passage. En 1181, le roi d’Aragon autorisa l’abbé de Saint Michel de Cuixà à construire des forteresses sur ses terres. C’est ainsi que fut fondé au siècle suivant le château des Angles (XIII s.)

De 1162 à 1659, le Capcir, comme toute terre catalane, dépendit successivement du roi d’Aragon, de celui de Majorque, puis du roi d’Espagne.

En 1635, Richelieu déclara la guerre à l’Espagne. Le 9 septembre 1641, les Français entraient dans Perpignan. L’armée française venue du Donnezan fut d’abord défaite en Capcir par la garnison de Puigcerdà.
Le traité des Pyrénées signé en 1659 mit fin à la guerre entre la France et l’Espagne. La France proposa de rendre à l’Espagne les places qu’elle tenait en Catalogne, mais n’accepta pas de restituer le Roussillon.
De plus, Mazarin attachait une grande importance au Conflent, au Capcir et à la partie de la Cerdagne située “en deçà des monts”.

Finalement, l’Espagne garda la viguerie de Cerdagne, “à l’exception de la vallée de Carol et d’une continuation de territoires qui serviraient de communication entre cette vallée et le Capcir”.
Le 12 novembre 1660, par la convention de Llivia, 33 villages situés dans la dite vallée furent désignés pour assurer cette communication. Llivia, ville et non village aux yeux des Espagnols, ne fut pas cédée. C’est ainsi que naquit l’enclave espagnole.

La frontière coupa en deux un pays dont l’unité géographique, économique, historique et surtout ethnique était éclatante, mais le Capcir était français.